Jeudi 20 août 2009 à 18:27

Il n'est pas là et pourtant je vis sous son regard. Je sais qu'il est fort et que je suis faible. Je n'ai plus envie de m'inventer. Je sais que je voudrais retourner dans son canapé et me laisser faire à nouveau, m'abandonner comme une étrangère, m'accrocher à son épaule et haleter de plaisir et de douleur, fumer à sa fenêtre sans savoir démêler le vrai du faux dans ses paroles, sans savoir ce qu'il y a de mépris, de pitié, de haine ou de tendresse, sentir les odeurs mêlées de nos corps dans les draps et faire comme si. Ecouter la lenteur de la nuit.
J'ai déjà traversé la ville dans la nuit, en serrant les poings pour empêcher mes mains de trembler. Nous ne sommes unis que par un vestige, souillés et abîmés. Nous ne sommes qu'un reflet l'un de l'autre, un reflet troublé par la saleté.
Ce n'est pas une histoire.
Pourtant la raison se rebelle et emprunte ma voix intérieure pour susurrer : " Et après ? Après rien. Rien. Rien."
Mais NE VIVRE QU'UNE FOIS C'EST VIVRE POUR RIEN.

Mercredi 19 août 2009 à 10:57

Je suis revenue, toute seule dans le train, le chaton sur les genoux. Le contrôleur m'a tapé sur l'épaule quand je lui ai dit que je n'avais pas de billet, et m'a souhaité un bon voyage en rigolant. Sans prune.
Je suis arrivée à Montparnasse, j'ai vu les militaires.
Je pensais à ceux qui étaient restés là-bas, j'avais un peu envie de pleurer, toute seule avec ma grosse valise et mon chat qui miaulait comme un damné.
Je pensais aux sessions synthé - guitare, aux nuits dans le camion, à l'étang, aux packs de bière, à la nuit tellement sombre que je voyais la Voie Lactée, aux chichas devant South Park ou Scrubs ou How I met your mother ou Futurama, à Bozo le gros chat, aux belotes jusque tard dans la nuit, à la vodka, je pensais à ce mois passé non-stop avec le joueur de football américain et je n'arrivais pas à y croire.
Ma tête pense des choses absurdes. Je dis ma tête parce que je n'arrive pas à contrôler ce qui s'y passe.
M' me hante. Je me suis habituée à vivre sans lui, sans le voir. Je me suis habituée à notre jeu. Il est toujours là, surgit quand je m'y attends le moins.
Heureusement, l'ami le plus cher arrive dans cinq jours.
Et le joueur de foot US  rentre ce soir.

http://smoking.gun.cowblog.fr/images/DSC00772.jpg

Samedi 15 août 2009 à 19:10

Toujours en Bretagne.
Je n'oublie toujours pas. Et je me sens coupable.
Quand mon joueur de football américain me fait des blagues et que je ne ris pas, je pense aux fous rires. Quand il me regarde, je pense à ses regards. Quand il me parle doucement, je pense à la fête masquée et à sa voix si tendre, presque fragile.
Je suis décalée. Tout le temps.
Menteuse, aussi.
M' a dit : "Toi et moi, on pourrait peut-être s'entendre. Je suis un salaud et tu es une garce, après tout." Je sais qu'il ment. Je sais qu'il a acheté un de mes livres préférés juste pour voir.
Lui et moi, ça n'en finit pas.
Je rentre dans trois jours.

(Boire des litres de bière
Halluciner la réalité
Trahir, déjà
Boire du thé à la menthe
Se baigner dans un étang
Détacher le ponton pour faire un radeau
Vodka fever
M.A.T.E.R.I.A.L  B.O.Y
Ramener un chaton baptisé Dude
South Park, Scrubs et Futurama
Frauder le train, encore
Être pire qu'en dèche
L'insoutenable légèreté de l'être)

Lundi 3 août 2009 à 12:46

Je suis finalement partie en Bretagne avec le joueur de football américain.
M' me rattrape chaque nuit. Chaque jour aussi.
La route des trahisons.
J'ai dormi à l'arrière d'un camion, fraudé le train, et plein d'autres choses absurdes.
Je ne suis pas encore rentrée.
Je suis partie pour oublier, et je n'oublie rien.
Ca aussi, ça va mal finir.

<< Page précédente | 1 | 2 | Page suivante >>

Créer un podcast