Mardi 6 mars 2007 à 22:21

    Je t'emmerde. J'en ai marre de toi et de ce monde de cons et d'emmerdeurs. J'en ai marre de me faire traiter de salope si je marche seule la nuit à vingt-trois heures. J'en ai marre des gens gris dans les couloirs du métro, pressés, stressés, stéréotypés, ils écrasent un pied, grognent un vague pardon, et foncent bousculer une épaule plus loin. Il y en a pas un qui regardera un autre dans les yeux. J'en ai marre du vide, de cette douleur dans le ventre, de mes cauchemards glauques, j'en ai marre de me casser les ongles à force de me gratter les jambes, je ne suis pas belle, je ne me maquille même plus. J'en ai marre de son silence, de son absence, j'en crève de sa voix qui crie dans ma tête mais de mon portable muet, je crève des sms auxquels je n'ai aucune réponse, et j'ai vraiment mal au ventre, mon dieu, j'ai l'impression que ça me ronge. Dans ce sang qui s'échappe de mes cuisses aurait pu vivre un enfant pendant neuf mois, et ça me fait mal de penser qu'il n'y a rien. Demain ça fera cinq mois, nous ne serons pas ensemble, je tournerais en rond et j'aurais toujours autant mal, pliée en deux. Je penserai à tout ce qu'il m'a promis, et je serai toute seule, avec ces larmes amères qui dévaleront toujours la courbe de mes joues. J'aurais envie de hurler, de l'appeler à n'importe quelle heure de la journée, mais je ne le ferai pas. Je resterai là. Et j'attendrai sa voix.

Publié par smoking.gun

Jeudi 22 février 2007 à 0:46

J'aimerais arrêter n'importe quel mec dans la rue et lui dire :

"Bonjour. Je m'appelle Maérose, ça vient d'un film sur la mafia, je sais, ce n'est pas courant, c'est pour ça que tout le monde m'appelle Maé. J'ai bientôt dix-huit ans, et je suis triste, parce que je dois grandir, et prendre des responsabilités, et parce que mon amoureux m'a laissée seule à la maison. Je n'ai que ses vêtements, là-bas, quelque part. Il ne faut pas trop que j'en parle, vous savez, sinon, je vais pleurer. Ma mère pleure souvent en ce moment, mon père, je ne l'ai jamais trop vu. Pourtant il est sensé vivre avec nous, mais il rentre tellement tard qu'il s'écoule des semaines entières sans que je ne le vois. De toute manière, ils ne sont pas là en ce moment. Mais personne n'est là, c'est ça le problème, c'est le vide, et ce vide intérieur qui me colle le vertige. Vous devez aussi vous demander combien je mesure, c'est vrai, je suis grande, je fais un mètre soixante dix-huit, et non, je ne suis pas maigre, cinquante-neuf kilos, c'est bien trop, si vous pensez le contraire, c'est parce que vous ne m'avez pas vue nue. De toute manière, ce soir, je suis tellement triste que je suis prête à n'importe quoi pour oublier un peu la misère, et trouver un peu de tendresse, même sous la moiteur des draps. Et puis il m'a abandonnée, alors ce soir j'ai tous les droits. J'ai envie d'une peau brûlante contre la mienne, envie que mes mains dévalent le long d'un torse, et j'ai envie de mains sur mon corps. Je ne suis pas une pute, loin de là. Mais j'ai mal, il faut que j'oublie, vous comprenez ? Non, probablement pas. De toute manière, je pleurerai sûrement, après. Je pleure toujours, de toute manière, mais il ne faut pas regarder, je ne suis pas belle quand je pleure. Voilà. J'aurais plein d'autres choses à dire, mais ça ne sortira jamais. Désolée."

Mais c'est inconcevable.

Publié par smoking.gun

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