Samedi 20 mars 2010 à 12:06
J'ai trahi, menti, fui, mené une double, voire une triple vie.
Je me suis rendu compte du terrible pouvoir de la parole, et du silence. C'est si facile de mentir.
Princesse sur un lit, défoncée, sirotant une bière, et la déception au fond du ventre. Ce n'était pas ce que c'était supposé être.
Je n'ai toujours pas écouté les 10 messages sur mon répondeur. Je sais que je ne les écouterai pas. Parce que je n'en ai rien à foutre, parce que je n'étais pas là, parce que je ne suis plus là, parce que ces messages demanderont tous : "Où es-tu ? Pourquoi tu ne donnes pas de nouvelles ?" et que je ne me justifierai pas.
Je n'avais juste pas envie.
Je voulais juste oublier le monde.
Il faisait toujours chaud dans l'appart', à cause des plantes. J'errai en mini-jupe et débardeur quand il était en cours, mes cheveux mouillés gouttant le long de mon dos. Une bière, une clope, un bouquin. Quand il rentrait, je le regardais, ses yeux verts et ses cheveux châtains bouclés, je le regardais et je savais que je mentais.
Publié par smoking.gun
Samedi 13 mars 2010 à 11:21
J'imagine ses yeux qui se plissent et ses fossettes, ses canines de vampire, coupantes comme des lames de rasoir, des dents qui laissaient des marques rouges sur ma peau mate.
Il dit qu'il viendra me voir à Paris.
Je ris.
Blondinet, saloperie.
Toi et moi, on formait un couple homosexuel. Tu étais l'homme qui aimait parfois les hommes, et moi la fille la plus couillue de ton univers. Un putain de couple.
Pour toi, j'étais un abri, un refuge, un exutoire, un instrument de torture. Seulement pour toi.
J'étais celle qui te déchirait, qui te soignait, qui t'aidait quand tes os te faisaient trop mal pour que tu puisses bouger, celle pour qui tu pleurais.
Tu m'aimes encore. Je t'aime encore.
Tout ce que je ne donnerai pas aux autres, car ce serait te trahir. Et te trahir, c'est me trahir.
J'erre dans Paris, cette ville qui, tu as raison, ne te va pas. Paris ne t'irait bien que la nuit, sur le Pont Marie. Paris ne t'irait bien que pour te noyer dans la Seine, Paris ne te va bien que pour les manèges de fête foraine, quand tu saisis la main d'une brune orgueilleuse, timide et apeurée.
Blondinet, ta guitare à la main, loin. Je t'aime davantage dans ta liberté.
Tu vis sur la même terre que moi, tu respires le même air que moi, et je sais que tu existes. Cela me suffit.
Blondinet, mon Prince désarmé, désenchanté, décharmé.
Ton souvenir me fait sourire.
Publié par smoking.gun
Mercredi 10 mars 2010 à 19:24
Je t'aime dans ton ombre
dans ta lumière
ton prénom est ma prière
Que tout périsse par le feu
que le remords m'écrase
juste pour ton sourire heureux
pour la moindre de tes phrases
Et si je ne mérite que ta haine
Elle me rendra encore reine
couronnée de nos souvenirs
illuminée de ta violence
de ces nuits où tu me faisais jouir
souillée de ton indifférente absence
Princesse baisée et reniée
J'apprends le temps qui passe
la sourde et dure rancœur
j'éprouve les regrets qui lassent
et renoue avec l'amertume, ma sœur
Chloé est notre enfant oublié
d'un amour abandonné
la plus belle histoire du monde
dont le lointain grincement
n'a de cesse et gronde
te fait-elle aussi claquer des dents ?
Dans le froid hivernal
tu t'éloignes
et rien ne soigne
mon crâne glacial.
Je retourne à ma vie corrompue
aux étreintes sans foi
aux promesses rompues
Tu étais ma Rédemption
tu es ma dernière part d'innocence
et je répète en moi ton nom
Je t'appelle, je hurle dans ma tête
rien ne brise le mur de mon silence
mon Amour, ma Torture, mon Secret
je te garde en moi à chaque seconde
et si tout ce monde devient laid
le bleu de tes yeux en éclaire chaque aspect
D'amour de désespoir de haine
je t'envoie ce cri
qui n'a jamais tari
depuis que ton regard a perdu le mien
moi qui te cherche quand il n'y a plus rien.
Publié par smoking.gun
Dimanche 7 mars 2010 à 11:50
J'en ai assez qu'ils se servent de moi pour alimenter leurs névroses, qu'ils se mettent à mes pieds pour que je leur crache dessus.
Il ne demandait qu'à être pantin entre mes pattes, mais je ne veux pas être cruelle.
Je ne serai jamais ce qu'ils ont envie que je sois. Je voudrais qu'on me laisse être moi-même, et que l'on m'aime pour ce que je suis et non pour ce que je donne.
J'en ai assez que l'on me rêve, que l'on m'idéalise, je trouve beaucoup plus extraordinaire qu'on me dise que je ne plais pas, que je ne suis pas si bien faite que ça. Mon corps n'est pas parfait, je ne ressemble pas aux mannequins, mon visage a des défauts. Dites-le moi.
J'en ai assez de brûler les ailes de tous ceux qui croient trouver en moi un écho à leur malheur, et une compassion certaine.
Je méprise ces hommes à la place de qui je suis obligée d'assumer et de prendre les décisions.
Publié par smoking.gun
Samedi 6 mars 2010 à 18:33
Il n'est qu'un souvenir qui s'accroche à ma peau et que je fais tout pour effacer.
Comment lui dire que j'attends qu'il revienne ?
La réponse est simple, je ne peux tout simplement pas.
Bière, whisky, gin, vodka.
Mensonges.
La vérité se noie dans mes yeux et je redeviens celle que je n'aime pas être, garce, joueuse, trompeuse.
Certains me supplient de venir les retrouver, je ne réponds simplement pas, ou leur dis peut-être. Je n'y vais pas. Qu'ils aient mon âge ou le double de plus que moi, ils sont là, m'observent, m'analysent, me déshabillent du regard.
Je ne possède pourtant pas une beauté spectaculaire.
Angie a émis une théorie sur mon aura sexuelle. Ca m'a fait hurler de rire.
Ces types là ne me dégoûtent pas, ne me répugnent pas. Ils m'effraient juste.
Et j'avance au milieu de tout ça, sans son regard, sans sa voix pour me guider.
Publié par smoking.gun
